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Pourquoi ? / 04

Quand liker ne coûte presque rien, est-ce encore choisir ?

Quand le like devient un geste de volume, il peut finir par signaler moins l’intérêt que l’espoir d’obtenir une réponse.

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Un like est censé être un choix simple : ce profil m’intéresse. Mais que devient ce geste lorsqu’il est presque gratuit, répétable à grande vitesse et qu’obtenir un match est incertain ?

En 2016, Gareth Tyson, Vasile C. Perta, Hamed Haddadi et Michael C. Seto ont publié une première étude exploratoire de l’activité sur Tinder. Leur travail combine une campagne de mesure avec des profils contrôlés et un questionnaire destiné à mieux comprendre les intentions et les stratégies déclarées des utilisateurs.

Pour la partie questionnaire, les auteurs ont diffusé leur enquête via les réseaux sociaux et différentes listes de diffusion. Après avoir écarté les réponses pour lesquelles ils ne disposaient pas d’assez de données sur les interactions homosexuelles, leur analyse porte sur 131 utilisateurs recherchant des interactions hétérosexuelles : 90 hommes et 41 femmes.

Une partie des hommes interrogés déclarait utiliser une stratégie de like peu sélective. Certains expliquaient explicitement ce comportement par la rareté des matchs obtenus. Les auteurs proposent alors une lecture intéressante : plutôt que de filtrer avant le match en n’aimant que les profils réellement désirés, certains utilisateurs peuvent liker largement puis filtrer après avoir obtenu un match.

Ce résultat ne permet pas de dire que « les hommes font tous ça », ni de transformer un comportement observé dans un petit échantillon en règle générale de Tinder. Il montre simplement qu’un geste conçu comme signal d’intérêt peut, chez certains utilisateurs et dans certaines conditions, devenir une stratégie pour augmenter la probabilité d’obtenir une réponse.

Un like devrait dire : « tu m’intéresses ». Pas : « j’espère que quelqu’un me répondra ».

  1. Gareth Tyson, Vasile C. Perta, Hamed Haddadi & Michael C. Seto, « A First Look at User Activity on Tinder », 2016 IEEE/ACM International Conference on Advances in Social Networks Analysis and Mining (ASONAM), 2016. Questionnaire : 131 utilisateurs recherchant des interactions hétérosexuelles, dont 90 hommes et 41 femmes. Voir la publication · Version auteur.
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